Mallet finger : quand un doigt ne se redresse plus après un traumatisme
Vous venez de faire votre lit, de réceptionner un ballon ou de heurter votre doigt lors d'une activité sportive. Quelques instants plus tard, vous remarquez que le bout de votre doigt reste plié et ne se redresse plus, sans douleur particulière. Cette image est caractéristique du mallet finger (ou doigt en maillet) une lésion fréquente qui touche l'extrémité des doigts.

Qu'est-ce que le mallet finger ?
Le mallet finger se définit par l'impossibilité d'étendre activement la dernière articulation du doigt. La dernière phalange reste fléchie en permanence, sans répondre à la volonté du patient, alors que la flexion du doigt reste possible. Le nom de cette lésion vient de sa ressemblance avec le maillet d'un piano.
Cette déformation résulte d'une atteinte du tendon extenseur à son point d'insertion sur la dernière phalange. Ce tendon est responsable de l'extension du bout du doigt. Lorsqu'il est lésé, le doigt perd sa capacité à se redresser à cet endroit précis.
Comment survient cette lésion ?
Le mallet finger survient le plus souvent lors d'un mouvement de flexion forcée et brutale de l'extrémité du doigt, alors que celui-ci est en extension. Les circonstances typiques sont nombreuses :
- la réception d'un ballon sur le bout du doigt, lors d'activités sportives comme le basketball, le volleyball ou le handball
- un choc lors d'un sport de combat
- l'accrochage du doigt sous un matelas en faisant le lit
- un faux mouvement lors d'activités domestiques ou professionnelles
Cet étirement brutal provoque une atteinte du tendon extenseur, qui peut prendre deux formes différentes.
Deux types de mallet finger
Le mallet finger tendineux
Dans cette forme, c'est le tendon lui-même qui se rompt, sans fracture associée. Cette rupture fermée ne s'accompagne le plus souvent ni de douleur importante ni d'ecchymose. C'est généralement la déformation du doigt qui amène le patient à consulter, parfois plusieurs jours après le traumatisme initial.
Le mallet finger osseux
Dans cette forme, le tendon arrache avec lui un petit fragment osseux au niveau de son insertion, à la base de la dernière phalange. La déformation du doigt est identique, mais cette variante nécessite une attention particulière, car la présence du fragment osseux et son déplacement éventuel influencent directement le choix du traitement.
Comment poser le diagnostic ?
Le diagnostic du mallet finger est avant tout clinique. Il repose sur l'observation de la dernière phalange, qui reste en flexion permanente, généralement entre 30 et 45 degrés, sans pouvoir être activement redressée, alors que la flexion du doigt reste complète et normale.
Des radiographies du doigt de face et de profil sont systématiquement réalisées. Elles permettent de rechercher un arrachement osseux à l'insertion du tendon extenseur et d'évaluer la taille du fragment ainsi que son déplacement éventuel, des éléments déterminants pour orienter le traitement.
Le traitement : le plus souvent orthopédique
Dans la grande majorité des cas, le mallet finger se traite sans chirurgie, par immobilisation stricte de la dernière articulation du doigt.
Le principe de l'attelle
Une attelle spécifique, appelée attelle de Stack, maintient la dernière articulation du doigt en extension stricte, voire en légère hyperextension. L'articulation précédente, elle, doit rester libre pour permettre la flexion du doigt.
Plusieurs règles conditionnent le succès de ce traitement :
- l'attelle doit être portée en permanence, 24 heures sur 24, sans aucune interruption
- la durée d'immobilisation est généralement de 6 à 8 semaines selon le type de lésion
- une période complémentaire d'un mois de port nocturne suit la phase d'immobilisation stricte
- le doigt ne doit jamais être mouillé pendant toute la durée du traitement
La moindre flexion accidentelle de la dernière phalange pendant la phase d'immobilisation peut compromettre la cicatrisation et imposer de reprendre le traitement depuis le début. C'est pourquoi un suivi régulier avec un chirurgien de la main, tel que le Dr Charles Bijon, est nécessaire.
Quand la chirurgie devient-elle nécessaire ?
Le traitement chirurgical n'est envisagé que dans certaines situations précises :
- un mallet finger osseux avec un fragment volumineux et déplacé, ou une subluxation de l'articulation
- un échec du traitement orthopédique, avec réapparition de la déformation après l'arrêt du port de l'attelle
- une prise en charge tardive, lorsque le tendon a déjà commencé à cicatriser de façon anormale, rendant l'attelle inefficace
- une forme chronique ou une récidive
Lorsque la chirurgie est indiquée, elle vise à réparer le tendon ou à fixer le fragment osseux, le plus souvent par de petites broches.
Que se passe-t-il en l'absence de traitement ?
Un mallet finger non traité peut évoluer vers une déformation secondaire appelée déformation en col de cygne. L'articulation précédente, sollicitée de façon compensatoire, se met progressivement en hyperextension, ce qui aggrave la gêne fonctionnelle et complique la prise en charge ultérieure.
Quel pronostic après traitement ?
Lorsque le traitement est débuté rapidement après le traumatisme et suivi avec rigueur, le résultat est satisfaisant dans la grande majorité des cas. Un léger déficit d'extension résiduel, de l'ordre de 10 à 15 degrés, est cependant fréquent. Il peut s'atténuer progressivement, parfois sur plusieurs mois.
Plus la prise en charge est retardée, plus la durée de traitement s'allonge et plus le résultat fonctionnel devient incertain. C'est pourquoi il est important de consulter rapidement dès l'apparition de cette déformation caractéristique.
Votre doigt ne se redresse plus après un traumatisme ?
Toute déformation du bout du doigt après un choc, même indolore, doit conduire à une consultation rapide pour confirmer le diagnostic et débuter le traitement adapté sans délai.
Le
Dr Charles Bijon vous reçoit en urgence ou en consultation à Paris pour évaluer votre doigt et mettre en place la prise en charge la mieux adaptée à votre situation.













