Tennis Elbow versus Golfer's Elbow : quelles différences ?
Une douleur au coude qui apparaît progressivement, sans traumatisme évident, et qui s'aggrave avec certains mouvements du quotidien ou de la pratique sportive : c'est le tableau commun à deux pathologies souvent confondues, le Tennis Elbow et le Golfer's Elbow. Si elles partagent un mécanisme proche, leur localisation, leurs causes et leur prise en charge présentent des différences importantes à connaître.

Deux tendinopathies du coude, deux localisations distinctes
Le Tennis Elbow et le Golfer's Elbow sont tous les deux des tendinopathies du coude, c'est-à-dire des atteintes des tendons à leur point d'insertion sur l'os. Leur point commun s'arrête cependant rapidement à cette définition générale, car ils ne touchent pas les mêmes tendons ni la même face du coude.
Le Tennis Elbow : la face externe du coude
Le Tennis Elbow, ou épicondylite latérale, est l'atteinte de l'insertion commune des tendons épicondyliens latéraux, principalement le tendon du court extenseur radial du carpe. Cette atteinte concerne la face externe du coude, au niveau de l'épicondyle latéral.
Cette pathologie touche entre 1 et 3 % de la population générale, aussi fréquemment chez les femmes que chez les hommes, le plus souvent entre 40 et 60 ans. Contrairement à ce que son nom suggère, la majorité des patients atteints n'a jamais pratiqué le tennis.
Le Golfer's Elbow : la face interne du coude
Le Golfer's Elbow, ou épicondylite médiale, également appelée épitrochléite, touche quant à elle les tendons situés sur la face interne du coude, qui s'insèrent sur l'épicondyle médial de l'humérus. Cette pathologie est causée par une sollicitation excessive des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts.
Des mécanismes et des gestes déclenchants différents
La distinction la plus simple à retenir entre ces deux pathologies repose sur le mouvement qui les déclenche.
Ce qui sollicite le Tennis Elbow
Le Tennis Elbow est lié à une hypersollicitation des muscles extenseurs du poignet, c'est-à-dire les muscles qui permettent de redresser le poignet et les doigts. Cette sollicitation peut être occasionnelle ou chronique, le plus souvent sur un terrain déjà fragilisé, ce qui provoque des microruptures tendineuses qui cicatrisent mal.
Ce qui sollicite le Golfer's Elbow
Le Golfer's Elbow concerne à l'inverse les mouvements de flexion du poignet et les gestes de préhension répétés. Cette pathologie est fréquente chez les sportifs pratiquant des activités sollicitant les fléchisseurs du poignet, comme le golf, l'escalade ou la musculation, mais aussi chez certaines professions manuelles, telles que les menuisiers, les peintres, ou les personnes travaillant intensivement sur ordinateur.
Une particularité propre au Golfer's Elbow : le nerf ulnaire
Une différence importante entre ces deux pathologies concerne la proximité avec une structure nerveuse. Dans le cas du Golfer's Elbow, le nerf ulnaire passe juste en arrière des tendons épicondyliens médiaux. Il est donc essentiel de rechercher une atteinte associée de ce nerf, ainsi qu'une éventuelle laxité du coude, lors de l'évaluation clinique.
Cette proximité nerveuse n'existe pas de la même façon dans le Tennis Elbow, bien que des diagnostics différentiels doivent également être recherchés de ce côté, notamment une névrite du nerf radial ou une douleur d'origine cervicale projetée sur la face latérale du coude.
Le diagnostic : des examens complémentaires différents
Pour le Tennis Elbow
Aucun examen n'est nécessaire pour poser le diagnostic dans un premier temps : l'examen clinique suffit à mettre en place un traitement de première intention. En cas de résistance à ce traitement, une radiographie du coude peut être prescrite pour rechercher des micro-calcifications, et l'IRM reste l'examen de référence pour visualiser les signes de souffrance tendineuse.
Pour le Golfer's Elbow
La démarche diagnostique est généralement plus systématique d'emblée, en raison du risque d'atteinte nerveuse associée. Une échographie, voire une IRM, est souvent demandée pour confirmer le diagnostic et rechercher une atteinte ligamentaire ou nerveuse. En cas de doute sur une souffrance du nerf ulnaire, un électromyogramme peut être réalisé.
Le traitement : des principes communs, des nuances à connaître
Le traitement médical de première intention
Les deux pathologies partagent une approche conservatrice initiale assez proche : repos et modification des activités responsables de la douleur, anti-inflammatoires et antalgiques, kinésithérapie avec étirements et renforcement, port d'une orthèse à visée antalgique.
Concernant les infiltrations, les deux pathologies privilégient le PRP plutôt que les corticoïdes, ces derniers ayant montré une efficacité moindre à long terme et ne devant pas être répétés.
Les nuances dans la prise en charge
Pour le Golfer's Elbow, les ondes de choc extracorporelles sont une option thérapeutique supplémentaire, favorisant la cicatrisation tendineuse, qui n'est généralement pas mise en avant dans la même mesure pour le Tennis Elbow.
Le traitement chirurgical
Dans les deux cas, la chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec d'un traitement médical bien conduit pendant au moins 6 mois.
Pour le Tennis Elbow, la technique privilégiée est l'arthroscopie, qui permet une excision élective et mini-invasive de la zone tendineuse pathologique, tout en respectant les autres insertions tendineuses, et d'explorer l'articulation pour traiter une éventuelle pathologie associée.
Pour le Golfer's Elbow, l'intervention vise à débrider les tissus inflammatoires et, si nécessaire, à associer un allongement des tendons épicondyliens médiaux à une libération du nerf ulnaire lorsque celui-ci est source de douleur. Cette spécificité s'explique directement par la proximité anatomique du nerf ulnaire évoquée plus haut.
Comment savoir lequel vous concerne ?
La localisation précise de la douleur reste l'élément le plus simple pour orienter le diagnostic : une douleur sur la face externe du coude évoque un Tennis Elbow, une douleur sur la face interne évoque un Golfer's Elbow. Cette distinction clinique, bien que souvent suffisante en première intention, doit toujours être confirmée par un examen médical, en particulier pour le Golfer's Elbow où une atteinte nerveuse associée doit être recherchée.
Une douleur au coude qui persiste ?
Que la douleur siège sur la face externe ou interne du coude, une consultation spécialisée permet d'établir un diagnostic précis et de mettre en place la prise en charge la mieux adaptée à votre situation.
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