Quand s'inquiéter d'une douleur au pouce ?

Charles Bijon • 16 juin 2026

Le pouce intervient dans presque tous les gestes du quotidien : saisir un objet, tourner une clé, pincer, écrire, utiliser un téléphone, etc. Une douleur à cet endroit peut donc avoir un retentissement important sur les activités les plus simples. Si certaines douleurs sont passagères et sans conséquence, d'autres signalent une pathologie qui nécessite une prise en charge. Découvrez les principales causes de douleur du pouce et les signes qui doivent amener à consulter.

Le pouce, une articulation très sollicitée

La base du pouce est une zone anatomique complexe, qui associe une articulation très mobile, l'articulation trapézométacarpienne, des tendons qui permettent les mouvements d'extension et d'abduction, et un passage où circulent ces tendons dans une gaine fibreuse.

Cette sollicitation constante explique pourquoi le pouce est une localisation fréquente de douleurs chroniques, en particulier après 40 ans ou chez les personnes dont l'activité professionnelle implique des gestes répétitifs de pince ou de préhension.


Les principales causes de douleur du pouce

La rhizarthrose, ou arthrose de la base du pouce

La rhizarthrose est l'une des causes les plus fréquentes de douleur chronique du pouce, en particulier chez les femmes après 50 ans. Elle correspond à une usure progressive du cartilage de l'articulation trapézométacarpienne, située à la base du pouce.

La douleur de la rhizarthrose présente des caractéristiques assez typiques :

  • elle siège précisément à la base du pouce, au niveau de l'articulation
  • elle est déclenchée ou aggravée par les gestes de pince, de torsion ou de préhension forte (ouvrir un bocal, tourner une clé, tenir un objet)
  • elle s'installe progressivement, souvent sur plusieurs mois ou années
  • elle s'accompagne fréquemment d'une perte de force et d'une raideur
  • à un stade avancé, elle peut entraîner une déformation visible du pouce, en forme de "Z"


La tendinite de De Quervain

La tendinite de De Quervain, ou ténosynovite de De Quervain, est une inflammation de la gaine qui entoure deux tendons du pouce, le court extenseur et le long abducteur, à leur passage sur le bord externe du poignet.

Cette pathologie se distingue de la rhizarthrose par sa localisation et son mécanisme :

  • la douleur siège plutôt sur le bord externe du poignet, à la racine du pouce, et non sur l'articulation de la base du pouce elle-même
  • elle peut apparaître progressivement ou de façon plus brutale après un effort inhabituel
  • elle s'accompagne parfois d'un gonflement local
  • elle est déclenchée par les mouvements combinant flexion du pouce et inclinaison du poignet

Contrairement à la rhizarthrose, qui touche l'articulation, la tendinite de De Quervain touche les tendons et leur gaine. Le tableau clinique peut sembler proche pour le patient, mais la prise en charge diffère.


Les autres causes possibles

D'autres pathologies du pouce peuvent également provoquer des douleurs :

  • une entorse de l'articulation métacarpophalangienne du pouce, à la suite d'un traumatisme sportif, par exemple le "pouce du skieur"
  • une arthrose de l'articulation interphalangienne du pouce, distincte de la rhizarthrose qui touche la base du pouce
  • un doigt à ressaut du pouce, qui provoque un blocage douloureux lors de la flexion ou de l'extension de l'articulation interphalangienne


Comment différencier ces pathologies ?

La localisation précise de la douleur et les gestes qui la déclenchent sont des éléments d'orientation importants.

Une douleur centrée sur l'articulation de la base du pouce, déclenchée par les gestes de pince et de torsion, oriente plutôt vers une rhizarthrose. Une douleur localisée sur le bord externe du poignet, déclenchée par les mouvements combinés du pouce et du poignet, oriente plutôt vers une tendinite de De Quervain. Une douleur apparue brutalement après un traumatisme évoque davantage une entorse.

Ces éléments cliniques ne suffisent cependant pas toujours à poser un diagnostic de certitude, car les tableaux peuvent se ressembler ou coexister.


Quels examens pour confirmer le diagnostic ?

L'examen clinique reste l'étape centrale du diagnostic. Pour la tendinite de De Quervain, le test de Finkelstein, qui reproduit la douleur en mettant le tendon sous tension, est particulièrement utile.

Des examens complémentaires peuvent être prescrits selon les cas :

  • une radiographie, pour visualiser l'état de l'articulation, rechercher une arthrose ou une fracture
  • une échographie, pour analyser l'état des tendons et de leur gaine, en particulier en cas de suspicion de tendinite de De Quervain
  • une IRM, plus rarement, en cas de doute diagnostique


Quand consulter un spécialiste de la main ?

Certains signes doivent inciter à ne pas attendre avant de consulter :

  • une douleur qui persiste plusieurs semaines malgré le repos
  • une douleur qui s'aggrave progressivement ou qui devient permanente
  • une perte de force ou une gêne croissante dans les gestes du quotidien
  • une déformation visible du pouce
  • une douleur apparue après un traumatisme, même si elle semble s'atténuer rapidement

Plus une pathologie du pouce est prise en charge précocement, plus les options thérapeutiques sont nombreuses et le résultat fonctionnel favorable. Une rhizarthrose diagnostiquée tôt peut bénéficier d'un traitement conservateur efficace, tandis qu'une prise en charge tardive impose parfois une chirurgie plus lourde.


Si la douleur au pouce persiste

Une douleur chronique ou récurrente du pouce justifie un avis spécialisé, afin d'en déterminer précisément la cause et d'orienter vers le traitement le mieux adapté, qu'il soit médical ou chirurgical.

Le Dr Charles Bijon vous reçoit en consultation à Paris pour établir un diagnostic précis et discuter avec vous des options thérapeutiques adaptées à votre situation.

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