Douleur au poignet chez les cuisiniers : gestes répétitifs et tendinopathies à surveiller

Charles Bijon • 22 juillet 2025

La cuisine professionnelle exige une grande technicité et une répétition constante de gestes précis. Avec le temps, ces mouvements peuvent engendrer une sollicitation excessive de certaines structures anatomiques du poignet. Les cuisiniers, souvent debout pendant de longues heures et exposés à des charges manuelles importantes, sont particulièrement exposés aux troubles musculo-squelettiques, et en particulier aux tendinopathies du poignet.


Les gestes professionnels en cause

La préparation des aliments, la manipulation d'ustensiles lourds, la réalisation de gestes fins comme l'émincé ou le décorticage, ou encore le nettoyage répété du poste de travail impliquent tous des mouvements de flexion, extension, torsion et pression du poignet.

Certaines situations sont particulièrement à risque :

  • les mouvements répétitifs de flexion-extension du poignet,
  • le maintien prolongé du poignet en position extrême,
  • l'utilisation d'outils non ergonomiques,
  • le port répété de charges ou l'utilisation de hachoirs ou couteaux lourds.


Avec le temps, ces gestes peuvent entraîner des contraintes mécaniques importantes sur les tendons, en particulier ceux des fléchisseurs et extenseurs du poignet. Le rythme soutenu des services, les contraintes horaires et le stress physique inhérents à la profession aggravent les risques de surmenage articulaire.


Les tendinopathies les plus fréquentes

Chez les cuisiniers, on retrouve principalement deux formes de tendinopathies :


Tendinite des fléchisseurs du poignet

Cette pathologie est liée à la sollicitation répétée des tendons fléchisseurs. Elle se manifeste par une douleur à la face palmaire du poignet, parfois avec une sensation de tiraillement lors de la préhension.


Tendinite des extenseurs (face dorsale)

Souvent liée à l'utilisation d'outils avec le poignet en extension, cette tendinopathie provoque des douleurs sur la face dorsale du poignet. Elle peut être confondue avec une douleur articulaire.


Tendinite de De Quervain

Moins fréquente, mais présente chez certains cuisiniers, la tendinite de De Quervain affecte les tendons du pouce au niveau du bord radial du poignet. Elle se manifeste par une douleur lors des mouvements d'opposition ou de saisie.

D'autres affections comme les kystes synoviaux ou les syndromes canalaires (syndrome du canal carpien, compression du nerf ulnaire) peuvent aussi survenir dans ce contexte, nécessitant une évaluation spécialisée.

Signaux d’alerte à ne pas ignorer

Les premières manifestations sont souvent insidieuses :

  • douleurs intermittentes à l'effort,
  • raideur matinale,
  • sensation de chaleur ou de gonflement localisé,
  • perte de force dans certaines positions de travail.


Des fourmillements dans les doigts, une maladresse ou une fatigue musculaire rapide doivent également alerter. Si ces signes persistent, une consultation spécialisée est recommandée afin d'éviter l'évolution vers une pathologie chronique.


Diagnostic

Le diagnostic repose sur l'interrogatoire et l'examen clinique. L'identification précise des zones douloureuses, la reproduction des gestes incriminés et l'évaluation de la mobilité permettent une orientation diagnostique.

Des examens complémentaires peuvent être prescrits :

  • l'échographie : pour visualiser l'état des tendons et éventuellement une inflammation,
  • l'IRM : en cas de doute diagnostique ou de suspicion de lésions plus profondes,
  • l'électromyogramme : si l'on suspecte une atteinte nerveuse associée.



Prise en charge

Traitement conservateur

La prise en charge initiale repose sur un traitement non chirurgical :

  • repos relatif et aménagement temporaire des gestes,
  • port d'une orthèse de repos la nuit ou en journée selon les cas,
  • prise d'anti-inflammatoires (par voie orale ou locale),
  • séances de rééducation fonctionnelle (mobilisation douce, renforcement progressif, techniques de physiothérapie).


Un arrêt temporaire de travail peut être envisagé selon la sévérité des symptômes. Le kinésithérapeute joue un rôle clé dans la récupération fonctionnelle, notamment pour restaurer un geste professionnel adapté et prévenir les récidives.


Infiltration

En cas de douleur persistante, une infiltration de corticoïdes peut être proposée. Elle permet une réduction rapide de l'inflammation, mais son usage doit rester ponctuel.


Traitement chirurgical

Si les symptômes persistent malgré un traitement bien conduit sur plusieurs mois, une intervention chirurgicale peut être indiquée, notamment en cas d'épaississement tendineux, de fissures ou d’adhérences importantes. La chirurgie reste rare dans ces situations, mais elle peut apporter un soulagement durable chez certains patients sélectionnés.


Prévention

La prévention repose avant tout sur l'éducation gestuelle et l'aménagement du poste de travail :

  • varier les gestes autant que possible,
  • utiliser des ustensiles ergonomiques,
  • effectuer des pauses régulières,
  • étirer les poignets et les avant-bras plusieurs fois par jour,
  • travailler avec des appuis stables et à bonne hauteur.


Des programmes de sensibilisation au sein des cuisines professionnelles peuvent être mis en place pour informer sur les bons gestes et réduire l’incidence des troubles musculo-squelettiques. Une attention particulière à l’apprentissage des postures dès la formation initiale peut également faire la différence sur le long terme.


Conclusion

Chez les cuisiniers, les douleurs au poignet ne sont pas une fatalité. Une prise en charge précoce et une bonne prévention permettent de limiter le risque de chronicité et de maintien prolongé de l'arrêt de travail. Il est essentiel de consulter le Dr Charles Bijon dès les premiers signes afin de bénéficier d'une stratégie de soin adaptée à chaque situation professionnelle. Un suivi régulier et une adaptation des gestes de travail sont essentiels pour préserver la santé musculo-squelettique des professionnels de la restauration.

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Les brûlures de la main sont des lésions fréquentes, parfois graves, qui nécessitent une prise en charge rigoureuse pour éviter des séquelles fonctionnelles importantes. En raison de la complexité anatomique de la main et de son rôle central dans les gestes du quotidien, toute brûlure, même modérée, doit être évaluée avec attention. Comprendre les types de brûlures Brûlure thermique, chimique ou électrique Les brûlures thermiques sont les plus fréquentes. Elles sont causées par un contact avec un liquide chaud, une flamme, un objet brûlant ou de la vapeur. Les brûlures chimiques surviennent au contact d’agents caustiques comme l’acide ou la soude. Les brûlures électriques , bien que plus rares, peuvent provoquer des lésions profondes et insidieuses. Classification selon la profondeur Brûlure du premier degré : rougeur douloureuse, atteinte superficielle de l’épiderme (ex : coup de soleil). Aucun risque de séquelle. Brûlure du deuxième degré superficiel : apparition de phlyctènes (cloques), douleur importante, cicatrisation possible sans greffe. Brûlure du deuxième degré profond : destruction partielle du derme, aspect blanchâtre ou tacheté, douleur modérée. Souvent besoin de traitement chirurgical. Brûlure du troisième degré : atteinte complète des couches cutanées, aspect blanc ou carbonisé, indolore du fait de la destruction des terminaisons nerveuses. Gestes d’urgence à adopter immédiatement Refroidir la zone brûlée Le premier réflexe à avoir est de refroidir la brûlure sous un filet d’eau tempérée (15 à 25°C) pendant 15 à 20 minutes. Cela permet de limiter la progression de la brûlure et de soulager la douleur. Retirer les objets compressifs Il est essentiel de retirer bagues, bracelets ou montres sur la main brûlée avant que l’œdème n’apparaisse, car un gonflement rapide peut entraîner une compression délétère. Ne pas percer les cloques Les phlyctènes doivent être laissées intactes si elles ne sont pas rompues, car elles servent de barrière naturelle contre les infections. Ne pas appliquer de corps gras Les pommades, beurres ou autres remèdes "maison" sont à proscrire. Ils augmentent le risque infectieux et peuvent compliquer le diagnostic clinique.
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La tendinite de l’épaule , ou tendinopathie de la coiffe des rotateurs, est une affection fréquente responsable de douleurs nocturnes, souvent invalidantes. Le repos est essentiel à la récupération, mais il est difficile à trouver lorsque la douleur perturbe le sommeil. Comprendre comment adapter sa position et son environnement nocturne peut aider à améliorer la qualité du repos et à favoriser la guérison. Pourquoi la douleur est-elle plus forte la nuit ? Les douleurs liées à une tendinite de l’épaule sont souvent exacerbées la nuit. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : En position allongée, l’inflammation n’est plus atténuée par l’activité musculaire ou la gravité ; Le relâchement musculaire nocturne peut favoriser une mise en tension des tendons enflammés ; Une mauvaise posture au lit peut compresser l’articulation ou étirer les structures douloureuses. Ces facteurs provoquent des réveils nocturnes, des difficultés à s’endormir ou des douleurs matinales plus intenses. Les positions à privilégier pour mieux dormir Dormir sur le d os Cette position est généralement la plus recommandée. Elle permet de répartir le poids de manière équilibrée sans exercer de pression sur l’épaule douloureuse. Il peut être utile de placer un coussin sous le bras atteint pour le surélever légèrement. Cette élévation réduit la tension sur les tendons de la coiffe des rotateurs . Dormir sur le côté opposé à l'épaule douloureuse Si dormir sur le dos n’est pas confortable, il est possible de se coucher sur le côté opposé. Il est alors conseillé de placer un oreiller entre les deux bras, afin que le bras douloureux repose sans tension vers l’avant ou vers le bas. Positions à éviter Dormir sur l’épaule douloureuse est à proscrire. Cette position comprime les tendons déjà inflammés et accentue la douleur. Dormir en position fœtale ou avec le bras coincé sous l’oreiller peut également aggraver les symptômes.