Entorses et luxations des doigts chez les basketteurs et handballeurs : comment protéger ses mains ?

Charles Bijon • 11 juin 2025

Les sports de ballon tels que le basket-ball et le handball sollicitent fortement les mains, et plus particulièrement les doigts, exposés à de nombreuses contraintes lors des réceptions, des tirs ou des contacts. Les entorses et luxations digitales figurent parmi les blessures les plus fréquentes dans ces disciplines, touchant aussi bien les sportifs amateurs que professionnels. Bien que souvent minimisées, ces lésions peuvent entraîner des douleurs persistantes, une perte de mobilité, voire des séquelles fonctionnelles si elles ne sont pas correctement prises en charge.

Mécanismes et circonstances des traumatismes

Lors d'un match ou d'un entraînement, les doigts peuvent être heurtés brutalement par le ballon, coincés dans un maillot, ou tordus lors d'un contact avec un adversaire. Ces impacts peuvent entraîner :

  • Une entorse, dûe à un étirement ou à une rupture partielle ou complète des ligaments articulaires.
  • Une luxation, où l’articulation perd son alignement normal. Elle peut être réduite spontanément ou nécessiter une manipulation.
  • Une fracture-luxation, associant une atteinte osseuse à une désaxation articulaire.

Les articulations interphalangiennes proximales (IPP) et métacarpo-phalangiennes (MCP) sont les plus touchées, en particulier au niveau de l’index et du majeur.

Symptômes et premiers gestes

Les signes cliniques varient selon la gravité de la lésion :

  • Douleur aiguë immédiate, parfois avec craquement ressenti.
  • Gonflement rapide de l’articulation.
  • Déformation du doigt (en cas de luxation).
  • Difficultés à mobiliser le doigt.
  • Sensation d’instabilité ou de faiblesse.

En première intention, il est recommandé d’arrêter l’activité, d’appliquer de la glace, de surélever la main et, si besoin, de maintenir le doigt en position neutre. Toute suspicion de luxation ou de fracture nécessite une consultation médicale urgente avec un chirurgien de la main tel que le Dr Charles Bijon.

Diagnostic

L’examen clinique permet de localiser la douleur, de tester la stabilité articulaire et d’évaluer les amplitudes. Une radiographie est systématiquement indiquée en cas de traumatisme digital pour rechercher une fracture ou une luxation associée. Dans certains cas, une IRM ou une échographie peuvent être utiles pour apprécier les lésions ligamentaires ou tendineuses.


Traitement des entorses et luxations digitales

Traitement fonctionnel

La majorité des entorses bénignes peuvent être traitées sans immobilisation rigide. Un strapping entre le doigt atteint et le doigt adjacent permet de conserver une certaine mobilité tout en assurant une stabilité suffisante. La reprise sportive est possible en quelques semaines avec une protection adaptée.


Immobilisation

En cas d’entorse plus sévère ou de luxation réduite, une immobilisation temporaire par attelle peut être indiquée pendant une à trois semaines, selon la lésion.


Chirurgie

Un traitement chirurgical peut s’avérer nécessaire en cas de fracture instable, de luxation récidivante ou de lésion ligamentaire complexe avec instabilité articulaire majeure. L’intervention vise à rétablir la stabilité et à préserver la mobilité articulaire.

Rééducation et reprise du sport

Quelle que soit la gravité de la lésion, une rééducation précoce est essentielle pour éviter l’enraidissement articulaire, très fréquent au niveau des doigts. Le travail porte sur la mobilité, la force de préhension, la coordination et le retour progressif aux gestes spécifiques du sport.

La reprise du basket ou du handball se fait généralement entre 3 et 6 semaines, selon la nature de la lésion, avec parfois le port d’une protection sur le doigt.


Prévention : comment protéger ses mains ?

  • Travailler le renforcement des muscles intrinsèques de la main pour améliorer la stabilité digitale.
  • Pratiquer des exercices de mobilité articulaire pour conserver une bonne amplitude.
  • Utiliser un strapping préventif en cas d’antécédent ou de fragilité résiduelle.
  • Éviter les reprises trop précoces après une blessure.
  • Adapter l’entraînement pour réduire les situations à risque (tirs en extension, réceptions mal contrôlées).


Conclusion

Les entorses et luxations des doigts sont des lésions fréquentes chez les basketteurs et handballeurs. Une prise en charge rapide et adaptée, associée à une rééducation précoce, permet de retrouver une fonction optimale. La prévention par le renforcement et la protection des doigts est essentielle pour éviter les récidives et les séquelles fonctionnelles.

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La maladie de Dupuytren est une pathologie chronique et évolutive de la main, caractérisée par une rétraction progressive des doigts vers la paume. Elle touche l’ aponévrose palmaire , une membrane fibreuse située sous la peau de la paume, sans atteindre les tendons ni les nerfs. À mesure que la maladie progresse, elle peut gêner des gestes simples du quotidien, comme serrer la main ou enfiler un gant. La cause exacte de cette maladie reste partiellement inconnue, mais plusieurs facteurs favorisants ont été identifiés.  Qu’est-ce que l’aponévrose palmaire ? L’aponévrose palmaire est un tissu conjonctif dense situé juste sous la peau de la paume. Elle assure un rôle de protection des structures profondes de la main (tendons fléchisseurs, nerfs, vaisseaux) et participe à la transmission des forces lors de la préhension. Dans la maladie de Dupuytren, cette membrane s’épaissit et forme progressivement des nodules puis des brides fibreuses, responsables de la rétraction progressive des doigts, notamment les quatrième et cinquième. Les premiers signes de la maladie de Dupuytren La maladie de Dupuytren débute souvent de manière discrète. Elle peut se manifester par un ou plusieurs nodules indolores dans la paume, parfois sensibles à la pression. Ces nodules évoluent ensuite en cordes fibreuses qui s’étendent vers les doigts et limitent leur extension. La flexion reste généralement conservée. Le test de la table (impossibilité de poser la main à plat) est un signe d’atteinte évoluée. La maladie de Dupuytren est souvent bilatérale mais d’intensité asymétrique. Facteurs de risque et causes possibles La cause exacte de la maladie de Dupuytren reste inconnue. Il ne s’agit pas d’une inflammation ni d’un traumatisme direct. Toutefois, plusieurs facteurs favorisants ont été identifiés. Facteurs génétiques La prédisposition héréditaire est bien documentée. Une mutation génétique encore mal identifiée entraînerait une anomalie de la prolifération des cellules fibroblastiques de l’aponévrose. La maladie est plus fréquente dans certaines familles et certaines origines ethniques, notamment en Europe du Nord. La transmission semble autosomique dominante à pénétrance variable. Âge et sexe La maladie de Dupuytren est plus fréquente chez les hommes de plus de 50 ans. Le risque augmente avec l’âge, et les formes sévères sont également plus fréquentes chez les hommes. Comorbidités et facteurs environnementaux Plusieurs affections ont été associées à la maladie : Diabète, en particulier le diabète de type 1, Épilepsie, possiblement en lien avec certains traitements (barbituriques), Hypercholestérolémie, Alcoolisme chronique, Tabagisme actif. Les professions exposant à des microtraumatismes répétés de la paume (travail manuel intensif, usage prolongé de machines vibrantes) ont été évoquées comme facteurs aggravants, sans qu’un lien direct ne soit formellement établi.
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Les brûlures de la main sont des lésions fréquentes, parfois graves, qui nécessitent une prise en charge rigoureuse pour éviter des séquelles fonctionnelles importantes. En raison de la complexité anatomique de la main et de son rôle central dans les gestes du quotidien, toute brûlure, même modérée, doit être évaluée avec attention. Comprendre les types de brûlures Brûlure thermique, chimique ou électrique Les brûlures thermiques sont les plus fréquentes. Elles sont causées par un contact avec un liquide chaud, une flamme, un objet brûlant ou de la vapeur. Les brûlures chimiques surviennent au contact d’agents caustiques comme l’acide ou la soude. Les brûlures électriques , bien que plus rares, peuvent provoquer des lésions profondes et insidieuses. Classification selon la profondeur Brûlure du premier degré : rougeur douloureuse, atteinte superficielle de l’épiderme (ex : coup de soleil). Aucun risque de séquelle. Brûlure du deuxième degré superficiel : apparition de phlyctènes (cloques), douleur importante, cicatrisation possible sans greffe. Brûlure du deuxième degré profond : destruction partielle du derme, aspect blanchâtre ou tacheté, douleur modérée. Souvent besoin de traitement chirurgical. Brûlure du troisième degré : atteinte complète des couches cutanées, aspect blanc ou carbonisé, indolore du fait de la destruction des terminaisons nerveuses. Gestes d’urgence à adopter immédiatement Refroidir la zone brûlée Le premier réflexe à avoir est de refroidir la brûlure sous un filet d’eau tempérée (15 à 25°C) pendant 15 à 20 minutes. Cela permet de limiter la progression de la brûlure et de soulager la douleur. Retirer les objets compressifs Il est essentiel de retirer bagues, bracelets ou montres sur la main brûlée avant que l’œdème n’apparaisse, car un gonflement rapide peut entraîner une compression délétère. Ne pas percer les cloques Les phlyctènes doivent être laissées intactes si elles ne sont pas rompues, car elles servent de barrière naturelle contre les infections. Ne pas appliquer de corps gras Les pommades, beurres ou autres remèdes "maison" sont à proscrire. Ils augmentent le risque infectieux et peuvent compliquer le diagnostic clinique.
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La tendinite de l’épaule , ou tendinopathie de la coiffe des rotateurs, est une affection fréquente responsable de douleurs nocturnes, souvent invalidantes. Le repos est essentiel à la récupération, mais il est difficile à trouver lorsque la douleur perturbe le sommeil. Comprendre comment adapter sa position et son environnement nocturne peut aider à améliorer la qualité du repos et à favoriser la guérison. Pourquoi la douleur est-elle plus forte la nuit ? Les douleurs liées à une tendinite de l’épaule sont souvent exacerbées la nuit. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : En position allongée, l’inflammation n’est plus atténuée par l’activité musculaire ou la gravité ; Le relâchement musculaire nocturne peut favoriser une mise en tension des tendons enflammés ; Une mauvaise posture au lit peut compresser l’articulation ou étirer les structures douloureuses. Ces facteurs provoquent des réveils nocturnes, des difficultés à s’endormir ou des douleurs matinales plus intenses. Les positions à privilégier pour mieux dormir Dormir sur le d os Cette position est généralement la plus recommandée. Elle permet de répartir le poids de manière équilibrée sans exercer de pression sur l’épaule douloureuse. Il peut être utile de placer un coussin sous le bras atteint pour le surélever légèrement. Cette élévation réduit la tension sur les tendons de la coiffe des rotateurs . Dormir sur le côté opposé à l'épaule douloureuse Si dormir sur le dos n’est pas confortable, il est possible de se coucher sur le côté opposé. Il est alors conseillé de placer un oreiller entre les deux bras, afin que le bras douloureux repose sans tension vers l’avant ou vers le bas. Positions à éviter Dormir sur l’épaule douloureuse est à proscrire. Cette position comprime les tendons déjà inflammés et accentue la douleur. Dormir en position fœtale ou avec le bras coincé sous l’oreiller peut également aggraver les symptômes.