Gérer les urgences de la main : reconnaître et agir face aux blessures courantes

28 mars 2024

La main est un instrument de précision, essentiel à notre interaction quotidienne avec le monde qui nous entoure. Malheureusement, sa complexité et son utilisation constante la rendent vulnérable à une multitude de blessures. Une prise en charge rapide et adéquate des urgences de la main est cruciale pour prévenir les complications et favoriser une récupération optimale.

Reconnaître les blessures courantes de la main

Fractures

Les fractures de la main sont des blessures fréquentes résultant souvent de chocs directs ou de chutes. Les signes à surveiller incluent une douleur aiguë, un gonflement, une déformation, ou une incapacité à bouger les doigts. Au moindre doute, un bilan radiographique est nécessaire pour un faire le diagnostic et proposer un traitement adapté orthopédique ou chirurgical. 

Entorses et luxations

Les entorses, affectant les ligaments, et les luxations, où les os sont déplacés de leur position normale, se manifestent par une douleur intense, un gonflement et une mobilité réduite. Une entorse peut se révéler grave et nécessiter un geste de réparation chirurgicale comme on peut souvent le voir dans les entorses de pouce

Plaies de la main

Les plaies de la main, pouvant atteindre les nerfs, les artères et les tendons, nécessitent une attention médicale immédiate. Les signes faisant évoquer une atteinte des structures nobles sont un saignement abondant, une perte de la sensibilité ou une perte de la mobilité se manifestant par un déficit d’extension ou de la flexion d’un doigt. Certaines plaies peuvent rassurer par leur petites tailles ou par un examen clinique normal mais ne doivent en aucun cas être négligées. Certaines petites plaies de la main par des objets tranchants peuvent entraîner des lésions des structures profondes graves tandis que certaines larges plaies cutanées intéressent uniquement la peau. Enfin, une plaie partielle des structures nobles n’engendre aucun déficit clinique mais peut se rompre secondairement. C’est donc secondairement que le déficit et la perte de fonction apparaissent. On estime à 30% de lésions tendineuses, nerveuses, vasculaires ou articulaires méconnues par l’ examen clinique.. C’est pourquoi toute plaie de la main doit nécessiter une exploration chirurgicale minutieuse au bloc opératoire de façon à établir un diagnostic lésionnel précis et permettre une réparation des structures le cas échéant.

Infections de la main

Les infections au niveau de la main peuvent intéresser les parties molles (panaris, phlegmon, abcès) ou l’os et l’articulation (arthrite, ostéoarthrite).

Panaris

Le panaris est une infection bactérienne de la pulpe d’un doigt qui se développe autour de l’ongle survenant le plus souvent à la suite d’une effraction cutanée. Dans les cas les plus favorables, l’infection va cloisonner au niveau de la peau, on parle alors de panaris péri-unguéal. Parfois, celle-ci diffuse en profondeur atteignant les structures nobles sous-jacentes, telle que l’os, l’articulation, la gaine des tendons fléchisseurs dont les conséquences sont beaucoup plus lourdes. Il faut alors traiter le panaris en urgence avant qu’une de ces complications surviennent. 

Phlegmon

Le phlegmon de la gaine d’un tendon fléchisseur correspond à la constitution d’une poche de pus dans l’espace clos et virtuel que représente la gaine synoviale qui permet au tendon fléchisseur de coulisser correctement. 


Ces gaines synoviales sont situées au niveau du doigt et de la paume. Le plus souvent, la suppuration fait suite à une piqûre souillée (épine, aiguille à coudre…) qui peut passer totalement inaperçue au départ et ne laisser pratiquement aucune trace sur la peau.


Au début de l’infection, le phlegmon des fléchisseurs se révèle par une douleur d’apparition progressive, volontiers nocturne et pulsatile, insomniante, qui s’accompagne d’une flexion spontanée du doigt atteint. En surface, on ne devine pas, à ce stade, de signe de suppuration au niveau de la peau.


Les examens complémentaires sont peu démonstratifs et le diagnostic reste clinique. L’échographie peut objectiver un peu de liquide dans la gaine du fléchisseur, mais ce n’est pas forcément caractéristique. Les signes généraux (fièvre et température) sont encore assez modérés.


L’évolution spontanée se fait vers une aggravation des signes avec une importante augmentation de volume du doigt, puis de la main et des doigts voisins, une température qui ne fait qu’augmenter et des signes locorégionaux sous forme de traînées rouges (lymphangite) au niveau du membre supérieur, avec apparition éventuelle de ganglion au niveau du creux de l’aisselle. A ce stade, l’évolution est jugée déjà grave et le tendon fléchisseur est en grand danger. C’est pourquoi le traitement d’un phlegmon de tendon fléchisseur doit être chirurgical et le plus précoce possible.

Morsures

Les morsures, qu'elles soient d'origine animale ou humaine, représentent une autre forme d'urgence médicale fréquente pour la main. Ces blessures peuvent varier de superficielles à profondes et sont susceptibles d'introduire des bactéries dans les tissus, entraînant un risque accru d'infection.


Les morsures animales, en particulier celles de chats et de chiens, sont courantes et peuvent causer des plaies déchiquetées ou ponctuelles. Les morsures de chat, en raison de leurs dents pointues, sont particulièrement propices à inoculer des bactéries profondément sous la peau, augmentant ainsi le risque d'infections telles que la pasteurellose. Les morsures de chien, quant à elles, sont souvent plus délabrantes, pouvant entraîner des lésions importantes des tissus. Les morsures humaines, bien que moins fréquentes, ne doivent pas être sous-estimées. Elles peuvent être tout aussi dangereuses, sinon plus, en raison de la grande variété de bactéries présentes dans la salive humaine. 


Dans tous les cas cas, la prise en charge initiale doit inclure un nettoyage soigneux de la plaie, l'évaluation de l'étendue des lésions, et la recherche de signes de dommages plus profonds, tels que des lésions des tendons, des nerfs ou des os. Un traitement antibiotique peut être nécessaire pour prévenir ou traiter les infections. 


La vaccination antitétanique doit également être vérifiée et mise à jour si nécessaire.


En raison du risque élevé d'infection et de complications, il est impératif de consulter un professionnel de santé dès que possible après une morsure. Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour nettoyer la plaie en profondeur et réparer les structures endommagées.

Brûlures

Les brûlures de la main varient en gravité et peuvent causer des douleurs, des cloques, et des changements de couleur de la peau. La prise en charge immédiate est déterminante pour le résultat de la guérison.

Premiers secours en cas d'urgence de la main

Pour toutes blessures

  • Évaluation rapide : Déterminez la gravité de la blessure. En cas de doute, consultez immédiatement un professionnel de santé.
  • Immobilisation : Stabilisez la main blessée pour éviter d'aggraver la blessure. Utilisez une attelle ou un support si nécessaire.

Fractures, entorses et luxations

  • Appliquez de la glace : Utilisez de la glace enveloppée dans un linge pour réduire le gonflement et la douleur, sans l’appliquer directement sur la peau.
  • Consultation médicale urgente : Une évaluation par un spécialiste est indispensable pour un diagnostic précis et un traitement adéquat.

Coupures et plaies 

  • Pression directe : Arrêtez le saignement en appliquant une pression douce avec un pansement propre.
  • Protection de la plaie : Après avoir arrêté le saignement, couvrez la plaie avec un pansement stérile pour prévenir l'infection.
  • Consultation médicale : Les plaies de la main nécessitent toujours une exploration chirurgicale même en cas de petites plaies ou d’absence de déficit clinique. 

Infections 

  • Bains antiseptiques pluri-quotidiens en cas d’infection débutantes
  • Consultation médicale en urgence en cas de douleurs pulsatiles et insomniantes, de fièvre ou d’altération de l’état général

Morsures 

  • Laver la plaie sous le robinet d’eau puis savonner au savon liquide les deux mains
  • Mettre un pansement 
  • Consultation médicale urgence : les morsures au niveau de la main nécessitent une prise en charge chirurgical afin d’éviter l’évolution vers l’infection

Brûlures

  • Refroidissement : Refroidissez la brûlure sous l'eau froide pendant 10 à 15 minutes, mais ne mettez pas de glace directement sur la blessure.
  • Couverture : Utilisez un pansement propre pour protéger la zone sans appliquer de pression sur les cloques.
  • Évaluation médicale : Les brûlures graves requièrent un traitement professionnel pour minimiser les dommages et soutenir la guérison.

Conseils pour la prévention des blessures de la main

En plus de savoir comment réagir en cas d'urgence, la prévention joue un rôle clé dans la protection des mains contre les blessures. Voici quelques conseils pour réduire les risques :

  • Utilisation de protections : Portez des gants adaptés lors de la manipulation d'outils, de produits chimiques ou lors d'activités sportives à risque.
  • Sécurité au travail et à domicile : Suivez les directives de sécurité pour l'utilisation d'outils et d'appareils ménagers.
  • Éducation : Informez-vous sur les risques spécifiques liés à vos activités et apprenez les bonnes pratiques pour les éviter.


La gestion adéquate des urgences de la main est essentielle pour prévenir les complications à long terme. La connaissance des premiers secours et des mesures de prévention peut faire une différence significative dans le pronostic d'une blessure. En cas de doute ou de blessure grave, la consultation rapide d'un spécialiste en chirurgie de la main est cruciale pour une prise en charge optimale et une récupération réussie.


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La maladie de Dupuytren est une pathologie chronique et évolutive de la main, caractérisée par une rétraction progressive des doigts vers la paume. Elle touche l’ aponévrose palmaire , une membrane fibreuse située sous la peau de la paume, sans atteindre les tendons ni les nerfs. À mesure que la maladie progresse, elle peut gêner des gestes simples du quotidien, comme serrer la main ou enfiler un gant. La cause exacte de cette maladie reste partiellement inconnue, mais plusieurs facteurs favorisants ont été identifiés.  Qu’est-ce que l’aponévrose palmaire ? L’aponévrose palmaire est un tissu conjonctif dense situé juste sous la peau de la paume. Elle assure un rôle de protection des structures profondes de la main (tendons fléchisseurs, nerfs, vaisseaux) et participe à la transmission des forces lors de la préhension. Dans la maladie de Dupuytren, cette membrane s’épaissit et forme progressivement des nodules puis des brides fibreuses, responsables de la rétraction progressive des doigts, notamment les quatrième et cinquième. Les premiers signes de la maladie de Dupuytren La maladie de Dupuytren débute souvent de manière discrète. Elle peut se manifester par un ou plusieurs nodules indolores dans la paume, parfois sensibles à la pression. Ces nodules évoluent ensuite en cordes fibreuses qui s’étendent vers les doigts et limitent leur extension. La flexion reste généralement conservée. Le test de la table (impossibilité de poser la main à plat) est un signe d’atteinte évoluée. La maladie de Dupuytren est souvent bilatérale mais d’intensité asymétrique. Facteurs de risque et causes possibles La cause exacte de la maladie de Dupuytren reste inconnue. Il ne s’agit pas d’une inflammation ni d’un traumatisme direct. Toutefois, plusieurs facteurs favorisants ont été identifiés. Facteurs génétiques La prédisposition héréditaire est bien documentée. Une mutation génétique encore mal identifiée entraînerait une anomalie de la prolifération des cellules fibroblastiques de l’aponévrose. La maladie est plus fréquente dans certaines familles et certaines origines ethniques, notamment en Europe du Nord. La transmission semble autosomique dominante à pénétrance variable. Âge et sexe La maladie de Dupuytren est plus fréquente chez les hommes de plus de 50 ans. Le risque augmente avec l’âge, et les formes sévères sont également plus fréquentes chez les hommes. Comorbidités et facteurs environnementaux Plusieurs affections ont été associées à la maladie : Diabète, en particulier le diabète de type 1, Épilepsie, possiblement en lien avec certains traitements (barbituriques), Hypercholestérolémie, Alcoolisme chronique, Tabagisme actif. Les professions exposant à des microtraumatismes répétés de la paume (travail manuel intensif, usage prolongé de machines vibrantes) ont été évoquées comme facteurs aggravants, sans qu’un lien direct ne soit formellement établi.
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Les brûlures de la main sont des lésions fréquentes, parfois graves, qui nécessitent une prise en charge rigoureuse pour éviter des séquelles fonctionnelles importantes. En raison de la complexité anatomique de la main et de son rôle central dans les gestes du quotidien, toute brûlure, même modérée, doit être évaluée avec attention. Comprendre les types de brûlures Brûlure thermique, chimique ou électrique Les brûlures thermiques sont les plus fréquentes. Elles sont causées par un contact avec un liquide chaud, une flamme, un objet brûlant ou de la vapeur. Les brûlures chimiques surviennent au contact d’agents caustiques comme l’acide ou la soude. Les brûlures électriques , bien que plus rares, peuvent provoquer des lésions profondes et insidieuses. Classification selon la profondeur Brûlure du premier degré : rougeur douloureuse, atteinte superficielle de l’épiderme (ex : coup de soleil). Aucun risque de séquelle. Brûlure du deuxième degré superficiel : apparition de phlyctènes (cloques), douleur importante, cicatrisation possible sans greffe. Brûlure du deuxième degré profond : destruction partielle du derme, aspect blanchâtre ou tacheté, douleur modérée. Souvent besoin de traitement chirurgical. Brûlure du troisième degré : atteinte complète des couches cutanées, aspect blanc ou carbonisé, indolore du fait de la destruction des terminaisons nerveuses. Gestes d’urgence à adopter immédiatement Refroidir la zone brûlée Le premier réflexe à avoir est de refroidir la brûlure sous un filet d’eau tempérée (15 à 25°C) pendant 15 à 20 minutes. Cela permet de limiter la progression de la brûlure et de soulager la douleur. Retirer les objets compressifs Il est essentiel de retirer bagues, bracelets ou montres sur la main brûlée avant que l’œdème n’apparaisse, car un gonflement rapide peut entraîner une compression délétère. Ne pas percer les cloques Les phlyctènes doivent être laissées intactes si elles ne sont pas rompues, car elles servent de barrière naturelle contre les infections. Ne pas appliquer de corps gras Les pommades, beurres ou autres remèdes "maison" sont à proscrire. Ils augmentent le risque infectieux et peuvent compliquer le diagnostic clinique.
par Charles Bijon 19 août 2025
La tendinite de l’épaule , ou tendinopathie de la coiffe des rotateurs, est une affection fréquente responsable de douleurs nocturnes, souvent invalidantes. Le repos est essentiel à la récupération, mais il est difficile à trouver lorsque la douleur perturbe le sommeil. Comprendre comment adapter sa position et son environnement nocturne peut aider à améliorer la qualité du repos et à favoriser la guérison. Pourquoi la douleur est-elle plus forte la nuit ? Les douleurs liées à une tendinite de l’épaule sont souvent exacerbées la nuit. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : En position allongée, l’inflammation n’est plus atténuée par l’activité musculaire ou la gravité ; Le relâchement musculaire nocturne peut favoriser une mise en tension des tendons enflammés ; Une mauvaise posture au lit peut compresser l’articulation ou étirer les structures douloureuses. Ces facteurs provoquent des réveils nocturnes, des difficultés à s’endormir ou des douleurs matinales plus intenses. Les positions à privilégier pour mieux dormir Dormir sur le d os Cette position est généralement la plus recommandée. Elle permet de répartir le poids de manière équilibrée sans exercer de pression sur l’épaule douloureuse. Il peut être utile de placer un coussin sous le bras atteint pour le surélever légèrement. Cette élévation réduit la tension sur les tendons de la coiffe des rotateurs . Dormir sur le côté opposé à l'épaule douloureuse Si dormir sur le dos n’est pas confortable, il est possible de se coucher sur le côté opposé. Il est alors conseillé de placer un oreiller entre les deux bras, afin que le bras douloureux repose sans tension vers l’avant ou vers le bas. Positions à éviter Dormir sur l’épaule douloureuse est à proscrire. Cette position comprime les tendons déjà inflammés et accentue la douleur. Dormir en position fœtale ou avec le bras coincé sous l’oreiller peut également aggraver les symptômes.